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PLUS VRAIMENT 3 ÉTOILES, LE MAGAZINE...

PLUS VRAIMENT 3 ÉTOILES, LE MAGAZINE...

   Dans la multitude de magazines parlant de cuisine, il y en avait un qui sortait indéniablement du lot: "3 Étoiles Magazine". Alors oui, bien sûr, il y a également, dans cette offre "haute gastronomie", Thuriès Magazine, le premier, une référence, qui poursuit son petit bonhomme de chemin loin de toute mode avec toujours la même qualité. Mais " 3 Étoiles Magazine", c'était différent. Les recettes n'étaient qu'un prétexte pour avoir envie de découvrir la cuisine du chef dont on parlait, les fiches techniques étaient remplies d'oublis. Les articles, eux, étaient très complets, les comptes-rendus de repas, les fameux "Un Grand Menu", excellemment bien écrits (alors que c'est un exercice plutôt difficile, je suis bien placé pour le savoir). Là où Thuriès (ou YAM et d'autres visant un public plus large comme "Arts et Gastronomie") est plus un support pour faire la promotion d'un chef (et libre à vous de vous faire votre avis),  3 Étoiles n'avait pas à être neutre. Orianne Nouailhac, la dernière rédactrice en chef, avait un réel talent (un don?) pour écrire des articles, mener des interviews et retranscrire une expérience. Elle donnait son avis, parfois négatif, preuve d'honnêteté (certains blogueurs devraient en prendre de la graine...). Mais, surtout, on sentait qu'elle savait très bien de quoi elle parlait et on lui faisait entièrement confiance (d'ailleurs, on remarquait que les adresses qui risquaient de perdre une étoile ou décevantes étaient chroniquées par d'autres journalistes qu'elle, ça permettait ainsi, de façon maline, de comprendre ce que valait réellement une adresse). Ce magazine, rare car avec seulement 4 numéros par an,  sortait véritablement du lot, un vrai trésor pour érudit. Il donnait même envie de compléter sa collection en achetant de vieux numéros avec des chefs dont on n'apprécie pas forcément la cuisine, juste pour avoir le plaisir de lire l'article qui en était fait par cette équipe. Une confiance absolue, au point de m'abonner (pour la première fois de ma courte existence, alors que je suis un drogué de magazines en tout genre). Et puis, brutalement, pour le numéro de l'automne 2015, il y a un changement de maquette, de "style". Bon, on fait confiance, un peu de modernité ne fait pas de mal. Et puis en lisant, on se rend compte que l'esprit a complètement changé: les articles ne sont pas aussi complets, les compte-rendus de repas ne sont plus là. L'impression de lire une version discount du magazine qu'on adorait (le summum, des poèmes ridicules de Véronique André sur un produit, genre ode à la truffe, au cèpe, et pourquoi pas le persil frisé tant qu'on y est...). En plus, les articles sentent le copinage à fond les ballons. Incompréhension totale, déception absolue. Et puis finalement, je me suis rendu compte que ce n'était plus Orianne Nouailhac la rédactrice en chef.  Envoyer un mail au patron, en tant que client, pour donner son avis sur cette nouvelle maquette, exprimer sa déception, avoir l'air d'être entendu (au début), puis finalement avoir la réponse ultime "Oui mais les grands chefs, eux, adorent". Tu m'étonnes, Elton John! Ils ne vont pas risquer de se mettre en froid avec un support possible de promotion, ils ne sont pas bêtes, ils ont des affaires à faire tourner! J'ai tout de même retenté les 2 ou 3 numéros suivants mais non, ils ont même rajouté des "peoples" associés à des chefs pour vendre (ou pour je ne sais quelle autre raison stupide mais hors-propos), j'avais plutôt envie de racheter des Thuriès (avec qui j'étais en froid depuis un édito trop politique à mon gout), les YAM qui font d'excellents numéros avec des chefs invités et les Arts et Gastronomie magazine, pour assouvir ma passion des grands chefs, pour finalement... ne plus jamais avoir trouvé l'envie de l'acheter en le feuilletant depuis! Ils ont tué l'esprit du magazine, pardonne-leur Orianne, ils ne savent pas ce qu'ils font.
  Un véritable gâchis, en souhaitant qu'un jour la qualité revienne pour pouvoir retrouver de nouveau ce magazine en version "3 étoiles", et pas juste en Bib Gourmand (même pas, car le rapport qualité-prix est très mauvais, 12 euros pour ce contenu...).

Mais pourquoi cet article, au final?

1-Pour rendre hommage au talent d'Orianne Nouailhac et de son équipe de l'époque, qui travaille désormais pour Vigneron Magazine (mais je ne bois pas de vin, donc je ne peux plus profiter de sa plume et de son esprit d'analyse, salués par certains chefs rencontrés lors de nos repas!)
2- Pour exprimer ma déception. Un homme ou une femme qui subit une rupture a toujours envie de se plaindre.
3- Pour compléter ma collection! Je n'ai découvert le magazine qu'en 2011, j'ai réussi à racheter beaucoup d'anciens numéros, mais il me manque... le numéro 8!
Alors si vous avez ce numéro, pensez à moi, aidez-moi à compléter mon trésor!

 

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Terre 08/08/2018 16:14

Je partage à 300% votre avis, depuis le départ d'Oriane ce magazine est devenu un agrégat de publié-reportages. Il y avait un véritable don de la rédactrice en chef pour mener et retranscrire de grands entretiens et pour avoir été passé au crible je suis bien placer pour m'exprimer sur le sujet.. :) En espérant que 3 étoiles redresse la barre ?